Un peu avant le confinement…


Ce jeudi 29 octobre était peut-être le dernier jour de vol pour nos planeurs.


Comme un bouquet final après une saison inédite et pourtant très riche, le ciel nous a réservé une journée comme on les aime malgré la saison avancée.
Des lumières d’automne magnifiques, des cumulus , des plafonds jusqu’à 1000 m ont permis aux stagiaires de bien profiter.

La preuve avec quelques brevets concrétisés, dont celui de Dorian SAURAT ( photo ) .


Ce fut aussi l’occasion de clôturer quelques formations avant le passage aux licences européennes, ou encore de démonter quelques planeurs en vue de leur entretien pendant confinement.


Soyons vigilants et restons sur ces notes positives pour mieux rêver à la suite.

Patrice.

Brevet de Maxence 27 octobre 2020; un bel anniversaire …

Maxence LENNARDT formé par Patrice CORBILLÉ entre autres, et breveté par Jacques Ricard le 27/10,  jour de ses 16 ans.

 




Champagne !!! enfin sans alcool …


Il l’attendait depuis bien longtemps! Quel plus beau cadeau d’anniversaire pour le jeune Maxence breveté pilote de planeur le jour de ses 16 ans, ce mardi 27 octobre et sans doute pour quelques heures plus jeunes pilote de France…

 

 


Bravo à lui pour sa progression régulière et avec l’espoir que dès 2021, les talents perçus par ses formateurs se transforment en quelques beaux vols campagne … on y veillera!

 

 



(suite…)

Journée handifly jeudi 8 octobre 2020.

Nous avons  accueilli les jeunes du CSES Jean LAGARDE de RAMONVILLE,  dans le cadre de la journée Handifly organisée chaque année par OSE & ISAE et les étudiants de l’ISAE.

Ces derniers, (dont cette année Eloïse ou Geoffroy également membres ATVV), suivent les jeunes tout au long de l’année ,et proposent visites de musées, échanges, simulateur autour de l’aéronautique et du planeur en particulier.

La journée fut retardée  pour cause de COVID, et moins de jeunes en ont bénéficié. L’essentiel a été de maintenir le projet et de concrétiser ces vols. 

C’est par une belle journée ensoleillée que la journée a débuté, avec un pique nique champêtre suivi d’un briefing de Patrice Chef Pilote.  En préambule, il leur a montré comment vole un planeur avant de partir en piste, non sans rappeler les consignes de sécurité , dans le respect des gestes barrières.

 

Professeurs et encadrants ont pu réaliser un vol eux aussi, leur permettant ainsi de poursuivre l’expérience de leurs cours.

Les sourires d’après vol témoignent d’un émerveillement général, et quoi de plus gratifiant que d’avoir pu leur faire partager notre passion du vol sans moteur.

 

 

Un grand merci aux accompagnants et aux bénévoles du club, qui se sont relayés pour assurer le bon déroulement  de cette journée en toute sécurité, et dans la bonne humeur.

 

A très bientôt pour de nouvelles émotions…

Premier vol d’onde à la montagne noire



Ce lundi 19 octobre le vent d’Autan prenait ses marques, avant une semaine agitée entraînant bien malheureusement l’annulation du stage pour nos plus jeunes.
Yacine ayant à faire encore quelques exercices en vue de sa préparation instructeur du SF28 ; un exercice s’est tout naturellement présenté!  Ce fut  d’aller visiter l’onde de la Montagne Noire.
Prévision assez modeste qui proposait un petit ressaut très proche de la montagne et en basse couche. Le vent en altitude trop faible ne permettait pas de monter bien haut.
Décollage et mise de cap avec le YA. Rapidement quelques petits marqueurs attirent l’œil et semblent fugaces, comme souvent dans ce secteur, mais témoins de ce qui nous attendait. Le SF au moteur pourtant bientôt en fin de potentiel tourne impeccable, et le vent assez peu fort permet de bien avancer…

 


Sud-Est Puylaurens, quelques petites zones s’avèrent déjà positives. La poursuite au sud -est, est effectivement payante, avec très vite des varios assez réguliers verticale Sorèze et jusqu’à +3 intégrés. Un ressaut effectivement très proche de la montagne. Il se confirme passant sur le lac de St Féréol jusqu’au sud de St Félix. Bas aussi mais effectivement limité à 5000 ft.
Un réel vraiment proche du prévu par maille fine.

 


Comme toujours une luminosité extraordinaire, le marin et sa mer de nuages sur la vallée de l’Aude, les Pyrénées semblant à portée d’aile, et des rotors très parlant.

 


Le jeu ayant sa limite, une paire d’heure plus tard, mise de cap sur Graulhet mais avant cela on avance vers l’Est. Ca marche toujours très proche de la pente et Yacine évoque même une sensation de pente à l’envers… quel pédagogue ! Futurs élèves accrochez-vous …

On y retourne dès que possible !

Patrice et Yacine.

La vache 5 étoiles de Simon ce 18 août …

Aujourd’hui c’est moi qui décolle en premier et fait donc office de buse pour les copains. Patrice me remorque vers les premiers cumulus au nord du terrain. Une fois atteint le plafond je peux traverser tranquillement le Tarn et continuer vers Villefranche. C’est une bien belle journée qui s’annonce, les pompes sont rapprochées et ce serait sympa de tirer jusqu’au Cantal. Bernard grâce à son transpondeur peut passer dans la TMA de Clermont et Antoine suit à quelques kilomètres. Après une petite hésitation j’hésite à coller au plafond mais les images sont belles devant et je continue vers Aurillac. Je loupe une pompe, l’altitude continue de diminuer et le sol lui se met à monter rapidement. J’ai un beau champ en visuel mais j’aperçois un tracteur, je repère un deuxième champ. Je commence à être bas et je n’ai plus beaucoup de marge pour jouer. Après quelques tentatives pour accrocher un vario, je dois m’avouer vaincu et je pose le Cirrus.

 

 

Bon la journée va être longue et j’ai pas pensé à emmener un bouquin. Je prends une photo du planeur sur laquelle on aperçoit bien les cumulus dans le ciel…c’est rageant. Vu la distance je vais monter sur le podium de la coupe des vaches.
Je passe la bonne nouvelle à la radio, à Graulhet ça doit jouer à la courte paille pour savoir qui viendra me chercher. Et je confirme c’est bien sud Aurillac et pas Gaillac…
Je vais frapper à la porte de la maison la plus proche et je tombe sur un sympathique grand-père et sa famille qui viennent voir le planeur. On discute, on fait des photos puis je pars faire un tour en vélo avec le petit fils. Au retour j’ai droit à l’apero avec les voisins, ça tombe bien je ne connaissais pas la Gentiane et le jambon de porc n’est pas mauvais du tout.
Comble du hasard j’ai atterri chez un ancien collègue de Pierre CAZEAUDARE. Ça ne s’invente pas. Je suis invité à rester dîner, au menu lasagnes, tiramisu, digeo et café…
Sur les coups de 23h30 la rescue team arrive avec Jacques en chef d’orchestre pour démonter le cirrus. Ça traîne pas et au moment de partir on nous propose de goûter le vin local, sans abus bien sûr! On profite de ce super moment de convivialité (c’est ça l’esprit de la vache!) , en plus le fils a travaillé avec Centrair décidément…on achète même du miel pour le souvenir puisque monsieur est aussi apiculteur.

 

Passé 1h on prend enfin la route et on arrive à Graulhet vers 4h du matin. Demain ça va piquer au réveil…
Encore merci à tous mes dévacheurs pour avoir avaler tous ces km! En attendant de vous rendre la pareille 😉

Simon

Tour de France en planeur 2020


Après le succès du Tour de France 2019, Ludovic et Clément ont remis ça cet été.
Crise sanitaire , il a fallu adapter le projet et limiter l’éventuelle extension européenne (Allemagne / Espagne) ?
Du fait des très bonnes retombées médiatiques 2019, une des principales nouveautés est le prêt par le constructeur Schempp Hirth d’une machine de démonstration. Il s’agit d’un discus 2 FES. Un grand classique, aux performances reconnues et superbe, il est donc équipé dans cette version d’un moteur électrique permettant de prolonger les vols, au besoin. Ce type d’équipement est un plus pour le devenir du vol à voile. Ludovic et Clément le présentent ainsi dans les différents clubs où ils se posent.


La seconde nouveauté est de faire un tour orienté tourisme. 2019 avait vu de très grosses performances. 2020 ne lâche rien de ce côté-là mais l’idée est de faire découvrir la France grâce au vol en planeur en survolant des points connus de notre beau pays. Cela implique quelques contraintes dans les vols prévus, ce qui ajoute un peu de piment.
Partis d’Allemagne 3 jours plutôt, nous avons eu la chance de les accueillir à Graulhet samedi 15 août. Après Dijon, Lyon, le pont du Gard et Brioude, c’est le Tarn, la cité du cuir et leur club préféré qui était visés. Accueillis comme il se doit par des membres envieux de leur belle machine, ils sont repartis vers le Gers puis la Vendée.


Entre temps un petit essai avait pu être fait localement par 2 chanceux membres de l’ATVV.
La météo de ce mois d’août 2020 est un peu plus capricieuse et notamment au nord de la France. Après les orages du début de parcours, le retour vers l’Allemagne en fin de semaine risque d’être aussi à suspens.
L’aventure continue et c’est bien l’essentiel. L’ATVV est fière de voir ce projet se poursuivre et soutient cette belle idée.
Que nous réserverons les 2 compères en 2021 ? Affaire à suivre….

Lien pour suivre leur périple: « https://www.planeur-tarn.fr/tour-de-france-en-planeur-2020 »

Patrice

Du rêve, encore du rêve …

Quel plaisir ce samedi 15 août de voir à nouveau Léo venir nous visiter. Il y a 2 ans nous avions pu organiser un premier vol avion, puis planeur pour Léo grâce à l’entremise de OSE ISAE. Léo réalisait ainsi son rëve de voler….alors pourquoi pas ne pas poursuivre ce rêve ? Un appel de son papa Xavier aura suffit à déclencher ce vol non prévu. Le rendez-vous devient donc annuel puisque Léo vient régulièrement à Graulhet. Désormais bien rôdé ; Léo fut installé en place arrière du Twin en mode grand confort pour un vol pas tout à fait comme les autres.


Un remorqué un peu plus long qu’à l’habitude lui a permis de monter sous la confluence jusqu’à 2000 m, de survoler Albi et d’oublier pendant quelques dizaines de minutes son handicap.
Léo est toujours aussi fana d’aéronautique et toujours aussi pointu en informatique, orientation à laquelle il se destine.
Le rendez-vous n’est pas fixé mais on remet ça en 2021 !…et on prendra le temps de faire voler papa et/ou maman.
Merci à Vincent, le pilote, lui-même très investi auprès des jeunes dans OSE ISAE précédemment.

Patrice.

Un mois d’août très féminin !

Tout cet été, les stagiaires se succèdent à l’ATVV. Ce mois d’août a la particularité de voir se succéder
3 stages à forte connotation féminine, avec 3 à 5 jeunes filles chaque jour en piste.
Estrella, Julietta, Angelique, Marie Sara, Emma, Kiara, Myriam, Maylis, Isabelle , Julia ont chacune
des objectifs différents. Simple découverte, sport loisir ou volontés affichées de carrière dans
l’aéronautique civile ou militaire, elles montrent combien il y a de la place pour les féminines dans
notre monde souvent encore majoritairement masculin…

 


Y-aura-t-il parmi elles une candidate pour suivre l’exemple de nos championnes du monde 2020?
Une d’entre elles sera-t-elle la première instructrice ATVV ou une de leurs ainées très dynamiques
les précédera-t-elle ?
A vous les rênes et comptez sur nous pour vous accompagner même si, et surtout si, votre envie est
juste de vous régaler en vol au gré des ascendances.
Mesdames, qui liriez cet article, n’hésitez pas à franchir le pas si le rêve de voler vous a un jour
effleuré.
En attendant un petit vent de fraîcheur souffle et on en a bien besoin !

Patrice.

A la découverte d’Issoudun

Nos sportifs avaient déjà testé Issoudun et la région Centre les années passées. Les vols réalisés faisaient envie. L’idée de tester en mode stage avait germé, ce qui permettrait de proposer d’autres types de vols, en complément des stages montagnes ou de l’Espagne (elle aussi compliquée cette année).
Le calendrier 2020 plus calme par obligation, nous a offert cette opportunité, et, c’est ainsi que nous sommes partis Duo et LS6 en remorque à 3 pilotes ( Clément, Hugo, Patrice)

 


Autant dire que nous n’avons pas eu de regrets.
Arrivée le mardi 10h, nous décollions à 12h. Journée annoncée en thermique pur, les premières nuelles semblaient pourtant prometteuses. Elles le furent, permettant un vol en paire sous cumulus ( et quels cumulus !) de quasi 600km. Une petite découverte qui nous a amenés jusqu’à Troyes.
Les 3 jours suivant furent effectivement en thermiques purs et très chaud. Pour autant la zone propose globalement une masse d’air homogène. Nous avons pu faire chaque jour des circuits en but fixés supérieurs à 300 km, en alternant les secteurs vers le sud est parisien, Tours, ou encore Poitiers.

 


La zone permet donc clairement des types de vols relativement rares dans le sud-ouest. L’homogénéité des masses d’air sur de longues distances permet de bien anticiper les circuits. Elle est assez simple à appréhender pour des jeunes campagnards aussi.
Dans la plupart des secteurs la vache n’a rien à voir à cette période, avec le Tarn.
La plateforme dispose de riches infrastructures qu’il s’agisse de l’accueil ou des pistes.
Les zones ne sont pas si pénalisantes.
Nous ne sommes qu’à 5h de route.
Belle expérience….il ne manquait que l’ambiance et la dynamique Graulhetoise que nous retrouvons avec plaisir.


Merci au CA d’avoir permis l’emprunt du Duo.

Patrice. 

Le cervin survolé par Christian: « Somptueux!!! » Merci de nous faire partager ce beau vol !

 

Au briefing météo de ce matin du 23 juillet 2020, les conditions sont plutôt bonnes, la masse d’air bien instable, mais avec un risque d’orages et un flux d’Ouest marqué à partir de 1500 m. Il convenait donc de bien surveiller cette tendance instable et humide qui pouvait compliquer les vols. La dorsale anticyclonique attendue étant encore loin des Alpes.



Top Meteo et Arôme confirment une bonne journée : des plafonds jusqu’à 4000 m, un vent raisonnable et des zones orageuses se développant dans l’après-midi. Néanmoins, aucune prévision météo n’avait prévu l’obscurcissement par les enclumes des Cb ardéchois l’après-midi dans le sud-ouest des Alpes !

Dès 12h, les premiers cumulus se forment autour de St Auban dans un ciel parfaitement bleu. Il faut donc partir rapidement.

Mon DG800 est prêt et je serai le premier à décoller de St Auban à 12h30.
Au passage du Ruth, la masse d’air est animée et les varios positifs se manifestent. Néanmoins, je choisis un « point de largage » (arrêt moteur du DG800) un peu plus éloigné vers la Bigue pour ne pas gêner les planeurs purs qui vont arriver dans l’ascendance, car les 4 remorqueurs sont à la tâche à St Auban.

Après la rentrée du moteur, long plané vers les crêtes de Liman où j’arrive vers 1700 m pour l’escalade du Blayeul : bonne confluence sur les crêtes des masses d’air chaudes montant de l’Est et du flux d’Ouest. Je quitte le Blayeul à 13h05 à 2900 m en route vers les 3 Evêchés que je franchis à 3300 m pour plonger dans la vallée de Barcelonnette et le grand Bérard, bien matérialisé par des cumulus. Je quitte la vallée à 3600 m vers le Nord et chemine par le Queyras et le col de l’Isoard. Le Chaberton est bien alimenté par la brise italienne et je poursuis vers le col d’Etache (2780 m) que je franchis à 3800 m ; il est 14h30. La décision de basculer en Maurienne est confortée par des belles matérialisations et un plafond généreux délivré dès la pointe de Ronce (nord du lac du Mont Cenis) à 4200 m.

Le col Carro (3149 m) est atteint à 15h à 3700 m. Et il faut se décider sur ce point clef entre la France et le val d’Aoste en Italie: je continue vers le Nord ou je reviens dans le sud ? Les matérialisations sont belles et le ciel sans voile, même si le sommet du grand Paradis (4060 m) est accroché.
Je décide donc de poursuivre vers le nord en me fixant un point de retour impératif à 16h. Il s’agit également d’éviter une infraction de survol dans le parc national italien du grand Paradis (mini 500 m sol), aussi je décale mon vol sur les crêtes vers l’ouest du val de Rhême et je traverse le val d’Aoste vers le mont Fallère (3060 m) très bien alimenté par la brise italienne du val d’Aoste montant de l’est. Le plafond à 3900 m’incite à poursuivre au nord-est dans le Valpelline vers la Suisse. Le Cervin (4480 m) est au bout de cette vallée, mais il est masqué par des nuages accrochés. Le mont Rose (4630 m) est dans le coton et le grand Corbin (4310 m) accroché lui aussi. Ces sommets à plus de 4200 m resteront inaccessibles.


La montée se poursuit vers le glacier des grandes murailles, atteint à 4000 m,à la dent d’Hérens, à 4 km du Cervin, qui ne pourra être contourné pour rester en VMC !



Il est 15h40, 250 km de St Auban, et le risque orageux dans le sud incite à la prudence et au demi-tour vers le sud.
Le Mont Blanc est à portée d’aile sur la droite plus au sud, et ayant une petite marge de 20 minutes, je décide par gourmandise d’aller profiter de la vue sur les grandes Jorasses et les glaciers du versant italien, le sommet étant au-dessus des cumulus. Ce qui me vaut un « point bas » à Courmayeur à 2900 m. Il est 16h00 et on commence à entendre à la radio que le sud se voile.






Par où revenir ? J’envisage un retour par le col du petit St Bernard, la vallée de la Tarentaise et les faces ouest des montagnes (Belledonne, Ecrins) qui devraient être bien ensoleillées et ventilées, mais les enclumes de Cb que je vois monter à l’ouest m’incitent à revenir par l’est.
Retour donc le long de la frontière franco-italienne et passage du col de l’Iseran à 3700 m à 16h40.
Descente rapide de la vallée de la Maurienne le long du parc de la Vanoise et passage du col d’Etache à 3400 m à 17h. On voit très bien les enclumes de Cb qui obscurcissent tout le sud-ouest des Alpes.
Je décide donc de rester sur l’est des montagnes et descend par le col de l’Isoard et le lac des 9 couleurs en limite de soleil. Il y a 4200 m de plafond et il est 17h30.

A partir de là, le ciel est très couvert, la convection faiblit et se pose la question de la rentrée à St Auban.  Même avec une finesse calculée de 26 pour rentrer, je ne peux pas franchir les cols nécessaires. Je conserve prudemment le local de Barcelonnette au cas où les Cb envahiraient le parcours et l’ouest vers St Auban.

Par chance, le « chapeau de gendarme » et sa crête au sud de la vallée, même dans l’ombre, permettent de cheminer sans trop descendre et passer le col d’Allos puis le col Caduc à 3200 m à 18h10. Je suis maintenant en local de St Auban et il fait très sombre. Un long plané direct me descend à 1700 m vers la corne de Lure à 18h40 où il reste une petite tâche de soleil mais les varios restent résolument négatifs … sauf en arrivant à proximité de la ZPA où je trouve par hasard un vario laminaire (+1, puis +2, +3, +4) : je suis tombé dans l’onde qui démarre bas puisque la convection est arrêtée par le voile épais. Montée au FL115, limite VMC et TMA de Marseille et petit tour vers St Christol.

Ce ne fut pas un vol de performance : selon la netcoupe, 5 pilotes dans les Alpes ce jour-là auront fait des vols plus longs, mais une belle promenade de 580 km à 83 km/h de moyenne, uniquement en thermodynamique, pas trop vite pour rester prudemment près des plafonds (les plafonds sont hauts, mais le sol aussi !), en cheminant en sécurité toujours en local d’aérodromes pour dégager en cas d’orage, et en surveillance des Cb. Les paysages grandioses des très hautes montagnes alpines, l’enchaînement des glaciers, des cols, des pics et des lacs d’altitude, les vallées isolées … tout ça remplira la mémoire pour les soirées d’hiver ou les jeudi d’atelier à Graulhet !

 

Christian Chabbert