Le Vol à Voile, Kézako?!

Depuis la nuit des temps, l’homme n’a eu de cesse de lever les yeux en rêvant de partager le ciel avec les oiseaux.
Le Vol à  Voile est une des expressions ultimes du rêve d’Icare.

En bref:

Il se pratique à  bord d’un planeur dont le pilote s’efforce de détecter et d’exploiter les courants ascendants afin de prendre de l’altitude et mettre ensuite cette altitude à profit pour parcourir le plus de distance possible.

Au commencement:

Mais avant tout cela, il s’agit d’initier le vol.
Etant dépourvu de moteur (sauf pour les motoplaneurs), le planeur doit être remorqué par un avion ou propulsé par un treuil au sol jusqu’à  une altitude de 300 à  500m. Le pilote dispose alors d’assez de réserve de hauteur pour rechercher la première ascendance qui lui permettra de prolonger le vol. Le planeur étant parfaitement manoeuvrant (comme un avion), il est bel et bien guidé par le pilote sur sa trajectoire et non poussé au gré du vent. Par contre, si le pilote ne trouve pas d’ascendance, le vol durera environ 10 à  15 minutes.

Mais avec un peu de chance (ou de talent…):

Les ascendances peuvent provenir d’un effet thermique, généralement exploité en zone de plaine: lorsque les conditions d’ensoleillement sont suffisantes, l’échauffement du sol provoque la formation de colonnes d’air chaud qui s’élève et dans lequel le pilote de planeur se maintient en réalisant des spirales ascendantes. Ce type d’ascendances peut permettre d’atteindre des altitudes de 1000 à  3000m environ. Il n’est pas rare de croiser quelques rapaces au détour d’une de ces spirales, puisque ceux-ci profitent eux-aussi du même effet. Il en résulte des moments d’une grande poésie qui restent souvent gravés à jamais dans la mémoire des pilotes.

En zone montagneuse, d’autres types d’ascendances peuvent apparaître grâce à l’effet du vent sur les sommets. Le plus fréquent est « l’effet de pente » qui apparait lorsqu’une crête perpendiculaire au vent l’oblige à la contourner par le haut. Le pilote de planeur peut alors guider sa machine le long de cette pente afin de bénéficier de son effet porteur. Ce type de vol offre des sensations d’une grande intensité et des vols très spectaculaires.

Enfin, comme les vagues que forme l’eau d’un torrent en aval d’un rocher, les filets d’air peuvent prendre la forme d’ondulations derrière la montagne. Lorsque le vent est suffisamment fort en altitude, ce mouvement peut se transmettre vers le haut et permettre d’atteindre des altitudes très importantes. C’est dans ces conditions que les records d’altitude de plus de 14000 m (avec port d’un masque à oxygène bien sûr) ont été établis.

Et si ça marche:

Après avoir exploité sa première ascendance, le pilote peut ensuite voler jusqu’à  la prochaine et ainsi de suite. Les planeurs modernes, construits en fibre de verre ou de carbone, ont des profils tellement étudiés qu’ils permettent de parcourir plus de 40 km en ne perdant que 1000m d’altitude. Mais il s’agit là d’un indice de performance théorique; dans la pratique, et en fonction des conditions météorologiques, le pilote de planeur mettra à profit son expérience, son intelligence, sa dextérité et son sang froid (en un mot son talent) pour tirer le meilleur parti de son planeur. Il s’efforcera de couvrir la distance la plus importante possible, ou une distance donnée le plus rapidement possible. Les circuits ainsi réalisés dépassent fréquemment les 300 km, sans avoir recours à  aucune autre énergie mécanique que celle du lancement initial.

L’esprit du vol à  voile:

En apparence, il s’agit là d’un sport individuel. Mais en apparence seulement. Car le pilote de planeur ne peut se passer d’une équipe qui l’aidera à décoller: il faut manipuler les machines dont l’envergure dépasse parfois 25m, les amener au point de décollage et organiser le décollage (il faut un pilote remorqueur, ou un treuilleur, et un assistant pour accrocher le câble de remorquage et aider à maintenir le planeur horizontal durant les premiers mètres de la course d’envol).

Un club de vol à  voile ne peut donc pas fonctionner s’il n’y règne pas un esprit d’équipe marqué. Par conséquent, les jeunes pilotes seront initiés par leur instructeur bien sûr, mais seront aussi et surtout guidés par des pilotes plus confirmés qu’ils côtoieront sur l’aérodrome et qui partageront volontiers leurs expériences.
C’est ainsi que naissent les passions du vol: par le partage.

Grâce à  la progressivité de sa pratique, chaque pilote de planeur est à même de trouver le plaisir de son vol, quel que soit son niveau: depuis les premiers vols d’école de pilotage jusqu’aux compétitions nationales et au-delà , en passant par les premiers vols en solo, le Brevet de Pilote de Planeur et les premiers vols en circuit sur la campagne. Chaque journée de vol est une nouvelle aventure dans le ciel.

Enfin, si le pilotage du planeur ne présente pas plus de difficulté que la conduite d’une voiture, une pratique régulière développe une multitude de compétences. Outre l’esprit d’équipe évoqué plus haut, on peut citer parmi celles-ci la patience, la précision, l’analyse, le goût de la performance, la maitrise de soi, l’orientation, la perception des sensations et l’équilibre, dont les bénéfices rejaillissent souvent sur la vie quotidienne.

C’est un excellent cadre pour le développement des adolescents.

« Toute ma vie, j’ai rêvé… » : Un vrai tremplin vers les métiers de l’aéronautique.

Le vol à voile est un des meilleurs moyens de découvrir le monde de l’aéronautique, ainsi de nombreux professionnels ont commencé par là et poursuivent, en complément de leur métier, la pratique du vol à  voile sur leur temps libre. (« Ah, quand on est tombé dedans… »)
Le domaine aéronautique offre une large variété de débouchés professionnels, le recrutement se faisant à  tous les niveaux de qualification :

  • CAP, BEP, Bac Professionnel dans le domaine de la mécanique et de la maintenance des avions,
  • Classes de BTS et d’IUT,
  • Ecoles d’ingénieur,
  • Doctorants dans la recherche.

Ceux qui envisagent une carrière de pilote pourront se tourner vers l’aviation militaire ou civile. Par ailleurs, les compagnies aériennes et les aéroports emploient un grand nombre de personnels technique et d’accueil au sol.
Vers ces objectifs, la découverte du milieu aéronautique à  travers le vol à  voile peut s’avérer un vrai atout; mais quel que soit votre choix, vous aurez l’assurance de côtoyer des passionnés sur les plateformes de vol à  voile !